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Le drame du Proche-Orient selon Georges Corm |
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Entrevista en lengua francesa sobre el referido libro de Georges Corm extraìdo de su sitio web www.georgescorm.com
Le drame du Proche-Orient selon Georges CormL’ex-ministre des finances libanais interviewé par Marco CesarioLe drame du Proche-Orient vient des représentations simplistes qui dictentles politiques des puissances occidentales mais aussi de l’étroitesse devues des gouvernements arabes qui se sont succédés. Cela est laconviction de l'historien et économiste libanais Georges Corm, qui a publiérécemment en France (en Italie la dernière édition date de 2005) la nouvelleédition révisée et mise à jour de son livre sur le Proche-Orient ("Le Proche-Orient éclaté 1956-2007", chez Gallimard), une oeuvre qui fait école depuisvingt ans et constitue une référence pour les historiens et les spécialistesde cette région tourmentée du monde. Spécialiste en économie et en droit,diplômé à Paris, Georges Corm vit aujourd’hui à Beyrouth.Ministre des Finances du Liban de 1998 à 2000, Corm est devenu professeur d’histoire de la penséepolitique arabe. La date de départ de son analyse historique subtile est celle de 1956, l’année où legouvernement égyptien décide de nationaliser le canal de Suez. Les réactions hostiles de l’Occident vis-àvisde cet acte, créeront, selon Corm, un modèle de tension permanente entre Orient et Occident nonencore dissipé aujourd’hui. La tension au contraire serait augmentée après les événements tragiques du 11Septembre 2001. Corm analyse également la difficulté des peuples arabes à retrouver une identité à causedes ‘contaminations’ au sein des doctrines islamiques provenant de sources d’inspiration ‘non arabes’.Croyez-vous que les attentats du 11 Septembre ont constitué un tournant pour la politiqueétrangère américaine au Proche-Orient et quel impact ces événements ont-ils eu selon vous surtoute la région?Ces évènements apparaissent comme le couronnement d’une évolution très négative entre le monde arabeet musulman et l’Occident, depuis l’attaque contre l’Egypte en 1956 par Israël, la Grande Bretagne et laFrance. Mon ouvrage décrit cette dégradation constante des relations entre l’Orient et l’Occident depuiscette date.Dans votre livre vous parlez aussi de la place de la Méditerranée entre Proche et Moyen Orient.Aujourd’hui, quelle est la place de la Méditerranée dans cet espace géopolitique?La Méditerranée est de plus en plus perçue comme l’épicentre de la ligne de fracture entre l’Orient etl’Occident. L’inclusion de la Turquie dans l’Union Européenne pourrait considérablement participer àdissiper ce sentiment négatif. Mais, justement, depuis le 11 septembre 2001, cela devient de plus endifficile de faire accepter la Turquie en Europe. Nous sommes donc dans un cercle vicieux.A votre avis, dans quelle mesure les régimes arabes ont-ils échoué à retrouver leur identité auProche Orient?Les différentes formes de « réveil » islamique en provenance d’Arabie saoudite et du Pakistan qui n’est pasun pays arabe ou en provenance d’Iran qui n’est pas non plus arabe ont créé une crise permanented’identité chez les Arabes qui n’existait pas auparavant. D’où le recours permanent à des sourcesd’inspiration externe au monde arabe. Le manque de solidarité des gouvernements arabes entre eux faitcroire qu’il n’y a plus de lien identitaire entre les peuples arabes, ce qui, bien sûr, est faux.Quel a été l’impact de la naissance de l’état d’Israël dans les équilibres du Proche Orient?Cette naissance a constitué un tremblement de terre dont les ondes de choc sont loin d’être épuisées. Onpeut même dire qu’elles s’amplifient en raison du soutien presque aveugle de la plupart des dirigeantsoccidentaux à la colonisation du reste des territoires palestiniens et à la politique de représaillesdémesurées que pratique Israël contre les Palestiniens et les Libanais depuis des décades.Que pensez-vous du Fatah Al-Islam? Pensez-vous qu’il s’agit d’une ‘côte’ d’Al–Qaida ou d’uneformation entraînée par la Syrie?Comme tous ces groupuscules terroristes se réclamant du wahhabisme, c’est une nébuleuse qui peutfacilement être infiltrée et manipulée par des puissances régionales ou internationales.Comment jugez-vous la politique syrienne vis-à-vis du Liban?Il ne faut pas faire de caricature dans la description d’une relation très compliquée et très complexe et qui aconnu différentes périodes et étapes. Il y a aussi en Syrie plusieurs tendances et non une seule. En touscas, le Liban ne doit pas avoir de mauvaises relations avec ce puissant voisin et ne doit pas devenir untremplin pour attaquer ses dirigeants.Que pensez-vous de l’engagement de l’Italie au Liban?J’ai l’impression qu’il y a eu un changement d’orientation. Le gouvernement italien issu des dernièresélections a d’abord paru vouloir ne pas prendre parti dans les querelles internes libanaises et ouvrir ledialogue avec la Syrie. Puis, semble-t-il, il est revenu à la position dominante dans l’Union Européenne quiignore une large partie du Liban et ne traite qu’avec les factions pro-occidentales.Comment, selon vous serait-il possible de sortir de l’impasse libanaise?Les pays occidentaux devraient avoir une politique plus souple et plus ouverte sur toutes les sensibilitéspolitiques très diverses du pays. Il faut sortir au Liban d’une vision primaire, assez stupide, qui divise lascène politique entre des soi-disant “démocrates” pro-occidentaux et des “anti-démocrates” pro-syriens.C’est la vision binaire du monde de l’administration américaine. Il est dommage que l’Europe ne parviennepas à s’en dégager.19 Feb 2008http://www.resetdoc.org/FR/interview-corm.php
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